La révélation d'un monde nouveau! En entendant Gould jouer du Berg à Moscou en 1957, les jeunes musiciens russes eurent cette impression que quelque chose de nouveau leur était révélé. Un miracle! qu'ils disaient. L'oreille attendait cette révélation. Quelque chose veillait, était en attente, préparait la réaction. auf etwas lauernd, gespannt! Pourtant si je dis que cet enthousiasme était avant tout d'ordre esthétique, c'est à dire «entendu» mais qu'il débordait largement l'étroit glaire tracé par une reception plus ou moins pure du contour des rhytmes et des sons de la musique, que cette assemblage d'effets reflétait dans sa différence la possibilité d'une liberté dont l'esprit pouvait s'approprier, sans trop redouter de conséquences sérieuses, je ne fait qu'interprêter des sentiments en me servant du même schéma métaphorique et positif dont se servaient ceux qui les ont éprouvés, bien que ceux-là ont abouti à une toute autre interprétation. Abouti? L'Interprétation était ce à quoi ils devaient aboutir! Ils devaient seulement en trouver le chemin. et comme toute musique fini par être comprise...même au travers la déraison Rien n'est en réalité transposé. Rien ne s'est déplacé alors, personne n'est allé vers quoi que se soit, ni vers la liberté, ni hors de leur servitude, bien au contraire. Mobilisés, comme qui dirait, ils l'étaient, ils y voyaient tous ce qu'il y voyaient, étaient prêts à se comporter comme si ce qu'il voyaient était là. Les gens on perçu un sentiment, se sont crus animés par ce sentiment. Glenn se voyait comme embassadeur. Il leur apportait quelque chose dont ils pouvaient se servir: l'étonnement devant son génie! Les paroles dont se servaient le régime communisme ne sont en rien moins menteuses que les paroles du plus libre penseur...de celle qui affranchissent... La seule chose qu'il est permi de dire, c'est que tous ces gens se sont trompés, il ont senti, il ont pensé, il se sont donc trompés. Se voir, se tromper...
Wednesday, January 23, 2008
Tuesday, January 22, 2008
Etre dans ses pensées comme dans un tunnel qu'on creuse inlassablement au travers la masse des choses (pour la fuir, ex carcere), ne pas savoir que l'on fait partie de cette masse, prendre menteusement ses distances par rapport à ces choses, se distinguer d'elles...le sens que prend «se maintenir dans l'existence» en l'à pensant, en se pensant...
Lisant Locke: Si la vérité, avec laquelle se travestissent le plus souvent les passions, pouvait être sauvée, il faudrait faire une part au mensonge, il faudrait que l'homme fut à la fois celui qui parle (qui mentirait) et d'un autre côté que quelque chose parla à travers lui (qui dirait la vérité). Le mensonge ne peut pas être autre chose que language (sans language il ne resterait même pas à l'homme l'intention de mentir). Tout language serait mensonge? et la raison? ...
Lisant Locke: Si la vérité, avec laquelle se travestissent le plus souvent les passions, pouvait être sauvée, il faudrait faire une part au mensonge, il faudrait que l'homme fut à la fois celui qui parle (qui mentirait) et d'un autre côté que quelque chose parla à travers lui (qui dirait la vérité). Le mensonge ne peut pas être autre chose que language (sans language il ne resterait même pas à l'homme l'intention de mentir). Tout language serait mensonge? et la raison? ...
Wednesday, January 16, 2008
Je trace mon portrait, je trouve qu'il est assez ressemblant: un moment après je m'y reconnais plus. J'échappe surtout aux dimensions qu'il cherche à établir. Je lis Hofmannstahl. L'effort, celui qui me reste à faire, porte ailleurs, vers la désintègration du soi, de l'image qu'on a du soi qui est la même chose. On continue toujours sous une autre forme. on continue, le désespoir n'est pas le fond des choses, ne nous permet pas de l'atteindre: il n'y pas de fond. on continue jusqu'a la mort. On conceptualise (Begreifen: la chose en tant que chose pour nous) mais la compréhension -futile concept!- n'est pas cela: on ne comprend jamais les choses et les êtres. On ne se comprend même pas soi-même. Il faut vivre avec cette chose qui n'est pas nous, c'est à dire, qu'on comprendrait intimement, mais ce soi est fabrication, un substitut de cet autre qui se dérobe continuellement et qui est la véritable source de tout espoir, si c'est de l'espoir qu'on cherche. Mais l'espoir vu de cette manière, tient davantage de l'étonnement. Se refuser à comprendre est-ce la seule attitude possible, la plus solide qui soit? ne pas se faire d'idées des choses, ignorer l'aspect qu'elle se donnent, ne pas refleter leur futilité, leur appel à la compréhension, ne pas étre un appui, ne pas les retenir, les voir se liquéfiant, mis en mouvement, alles fluessig werden lassen.
Monday, January 14, 2008
Ce n'est pas se foutre des autres que de ne pas essayer de les comprendre. C'est au contraire reconnaitre leur plein droit à l'existence. La compréhension est aussi menteuse que la langue qui la rend supposément possible. Ne rien chercher à comprendre: C'est tirer le plus grand parti des choses, plutôt que se contenter de leur part médiocre et futile. perdre son temps à essayer de se faire comprendre, à comprendre: développer des comportements conséquents, cesser son théatre...possibilité de plusieurs morales...
