Je trace mon portrait, je trouve qu'il est assez ressemblant: un moment après je m'y reconnais plus. J'échappe surtout aux dimensions qu'il cherche à établir. Je lis Hofmannstahl. L'effort, celui qui me reste à faire, porte ailleurs, vers la désintègration du soi, de l'image qu'on a du soi qui est la même chose. On continue toujours sous une autre forme. on continue, le désespoir n'est pas le fond des choses, ne nous permet pas de l'atteindre: il n'y pas de fond. on continue jusqu'a la mort. On conceptualise (Begreifen: la chose en tant que chose pour nous) mais la compréhension -futile concept!- n'est pas cela: on ne comprend jamais les choses et les êtres. On ne se comprend même pas soi-même. Il faut vivre avec cette chose qui n'est pas nous, c'est à dire, qu'on comprendrait intimement, mais ce soi est fabrication, un substitut de cet autre qui se dérobe continuellement et qui est la véritable source de tout espoir, si c'est de l'espoir qu'on cherche. Mais l'espoir vu de cette manière, tient davantage de l'étonnement. Se refuser à comprendre est-ce la seule attitude possible, la plus solide qui soit? ne pas se faire d'idées des choses, ignorer l'aspect qu'elle se donnent, ne pas refleter leur futilité, leur appel à la compréhension, ne pas étre un appui, ne pas les retenir, les voir se liquéfiant, mis en mouvement, alles fluessig werden lassen.
Wednesday, January 16, 2008
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